Voici un petit écrit qui date de l'année dernière. C'était pour un jeu. Cette lettre correspondait à un scénario pour un jeu de rôle.
Bien qu'elle ne soit pas parfaite selon moi, je l'aime bien ainsi et ne désire pas la modifier. C'est un peu pour me prouver à moi-même, que je continue à m'améliorer. Donc, voici un autre texte « pavé ».
Les textes sont écrits par mes soins. Vous êtes priés de les diffuser sans en donner la source et l'auteur. Merci.Trouble du c½ur, trouble des mots.
Je me souviens d'un temps, effacé de mes souvenirs comme si l'eau avait drainé l'encre pâle de cette période. Je me vois, insouciant du lendemain, tendrement attiré par la beauté de la contemplation et par l'art du verbe. Vagabond, je ne sentais de l'amour que pour l'astre de mes aspirations et pour ma tendre muse qui carressait ma plume et reposait mon être...
Oh que ce châtiment est bon.
Oh, comme ce souvenir nonchalant apaise mon c½ur.
Mais, malgré cette paix qui m'envahit, je vois mes désirs surgirent du fond de mon être, brûler ma chair et consumer mon âme.
Oh, noble Dame, quelque soit la force que je déploie votre parfum triomphe, m'envoûte et me détruit.
Il me revient alors ce crépuscule si doux, allongé dans l'herbe fraîche et odorante, je ne voulais que sentir la frêle caresse du vent marin et les froids rayons de cette lune pâle... Un murmure poussé par le souffle de Sylphe chatouillant mes oreilles, mais ce que je vis brûla mes yeux comme aucun jour ne le ferra jamais... Vous étiez là, plus belle encore que cette nuit, drapée d'une robe en soie blanche, vos longs cheveux pâles courant le long de votre dos finement dénudé étaient délicatement relevés de fleurs écarlates. Vous couriez, pieds nus sur le sable clair.
Telle une apparition d'un rêve lointain, je me suis laissé envoûté par votre grâce et sans même y réfléchir, j'ai délaissé ma muse et mes poèmes pour vous suivre.
Lorsque ces souvenirs accourent à ma mémoire, je sens ma plume devenir fébrile et ma main tremblante ne sait quel mot usé pour décrire l'émoi qui me tourmente.
Oh, jamais plus, je ne pourrais vous voir tisser, aux crépuscules, la soie luminescente qui ornait les rubans de vos robes... Plus jamais, je ne pourrais saisir l'écho des douces notes de votre harpe qui résonnent encore dans mon esprit et me ramènent à ma tendre folie... Jamais plus, je ne sentirais le doux parfum qui était le vôtre...
Et je ne peux que traduire mon chagrin dans une haine profonde contre l'homme qui a osé s'emparer égoïstement, de vous. Son cadeau était une offense à votre liberté enchanteresse, cette robe que je vous ai vu porter était souillée par son désir de vous posséder. Flattée par ce présent, vous n'avez pas pu résister à vous en vêtir et d'un geste détaché, vous avez rejetté son amour et sa passion... Il ne pu le supporter et cette toilette est devenue votre prison...
Je peine à écrire...
Ma main refuse de continuer et mon c½ur ne cesse de s'affoler...
Ma passion me brûle et me consume dans un désir de vengeance inaccomplissable... Comment pourrais-je vous aider? Je ne sais manier que la plume et votre geôlier manie les arcanes comme peu de mages savent le faire! Mais l'enchantement s'affaiblit, j'entends les rumeurs et les murmures de votre prochaine libération... L'on me rapporte souvent que vous hantez les lieux de profondes magies, pleurant votre liberté perdue. Mais la vieillesse me rattrape alors qu'elle vous a toujours épargnée. Je n'espère plus votre amour, je ne puis qu'en rêver cependant je prie les dieux en usant mes dernières forces. Je prie pour que, sous un clair de lune glacé, je puisse à nouveau, ne serait-ce qu'un court instant, vous voir courir sur ce sable blanc.
Je n'oserais vous dire ces mots qui me rongent...
Je vous maudis autant que je vous aime, je vous hais autant que je vous désir.
Ma vie fût tellement emplie de votre absence et je l'achèverais ainsi...